#113 - FootBag – l'Affaire est dans le Sack
Une affiche réalisée par Audrey Tumelin (présidente du club parisien Rien N'est Hacky) pour annoncer le Championnat du Monde 2025 de Footbag (ou Hacky Sack – contraction de «Hackin’ the Sack» : «Botter le sac»), un sport qui se joue avec les pieds et une «balle» non-rebondissante de 5 cm de diamètre, soit en mode freestyle (enchaînements de jongleries «époustouflantes») mais aussi, et surtout, en double, mixte et simple sur un terrain et un filet de badminton ! La confrontation est alors appelée Footbag Net (donc avec filet) pour la distinguer de la version chorégraphique en solo, où les joueurs multiplient figures techniques et artistiques – des «acrobatic tricks» !
(Voir ci-après la présentation du Footbag Net, discipline spectaculaire, apparue aux USA dans les années 70, aujourd'hui en passe de devenir, après le Plumfoot, le Racketlon et le Pickleball, la 4ème des «disciplines associées» à la FFBaD !)
Du 4 au 9 août, la ville de Nantes accueillera un Championnat qui rassemblera une centaine de «footbagueurs» (une appellation en gestation... totalement officieuse), dont une vingtaine de dames, représentant quelques 19 nations (Canada, USA, Colombie, Venezuela, Argentine, Espagne, Allemagne, Suisse, Bulgarie, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Philippines, Thaïlande, Australie..).
À noter qu'en double et en mixte, le footbag offre la possibilité de constituer des équipes binationales ou «hybrides», formées de joueurs de nationalités différentes (une pratique également courante – excepté aux JO –, en tennis et en tennis de table, voir, par exemple l'article consacré, en octobre 2024, à ce sujet par lequipe.fr. Une possibilité qui existe également en badminton aux Championnats du Monde Vétérans, où cinq paires binationales ont ainsi pris part à l'édition 2025).
Sur l'affiche, où s'entremêlent joueurs de footbag freestyle et de foofbag net, figurent trois représentations emblématiques du patrimoine nantais. Trois lieux incontournables à visiter, mis en avant par les organisateurs pour inciter champions et supporters de footbag à profiter de leur séjour pour découvrir le dynamisme culturel et artistique d'une «ville verte», un label obtenu en 2013 (d'où la «végétalisation» de l'affiche, clin d'œil sans doute au Jardin des Plantes, incontestable «oasis de verdure urbaine»).
Ainsi, Nantais et touristes avertis identifieront instantanément :
– La Tour de l'ancienne biscuiterie LU (Lefèvre-Utile), célèbre pour son populaire Petit-Beurre. «Totem publicitaire», érigé pour incarné la marque, elle a été restauré à l'identique en 1998, lorsque l'usine fut transformée en «un espace d'exploration artistique, de bouillonnement culturel et de convivialité», baptisé Lieu Unique) ;
– Le Grand Éléphant, «véritable architecture en mouvement». Composé de 48,4 tonnes d'acier et de bois, le pachyderme «barrissant» peut embarquer dans son ventre, au cœur de sa mécanique éco-responsable (il est mu par un moteur-hybride), jusqu'à 50 passagers, pour une déambulation d'une trentaine de minutes (de 1 à 3km/h), sur l'ancien site industriel des chantiers navals. L'animal, qui dispose d'un salon intérieur avec portes-fenêtres et balcons, mais aussi d'une terrasse, constitue le fleuron du bestiaire de La Galerie des Machines (nuées de 35 papillons – sur lesquels les visiteurs peuvent embarquer –, Caméléon, Chenille, Fourmis et Colibris géants, Araignée, etc.).
La journée des finales aura d'ailleurs pour cadre «la mythique Esplanade des Nefs des machines de l'île» (le footbag se pratiquant aussi bien en extérieur qu'en gymnase). Elle se déroulera, plus précisément, à la Cale des Sous-marins où sera installé un terrain, constitué d'un tapis de badminton posé sur les dalles amovibles d'un court de Airbadminton (les dimensions des terrains de airbad différent en effet notablement de celles du badminton, notamment dans leur longueur : 16m au lieu de 13,40m, d'où cette nécessaire superposition) ;
– Les Anneaux de Buren. Créée à l'occasion du festival d'art contemporain de 2007, l'œuvre qui compte 18 anneaux de 4m de diamètre, fixés sur d'anciens bollards (1) le long du quai des Antilles (principale destination de la déportation massive de Noirs africains vers les colonies françaises d'Amérique), rappelle le passé de premier port négrier et esclavagiste de la ville (voir, par exemple, Krystel Gualdé, «Nantes dans la traite atlantique et l'esclavage colonial aux XVIIe et XVIIIe siècles», janvier 2024). Le visuel fait référence aux anneaux de fers qui enserraient les esclaves captifs tout au long de leur transfert.
L'organisation de cette 44ème édition des IFPA Worl Footbag Championships est prise en charge par le club Nantais Carnabal. Une association créée en 1998 par l'éducateur sportif Nicolas Boueste, avec pour ambition de développer le Tshaka-balle, un jeu d'adresse ludique et pédagogique à la portée de tous les enfants, développant la coordination motrice (notamment la bilatéralité), utilisant une Tshaka (sorte de petite balle malléable en cuir) et mettant en jeu toutes les parties du corps pour exécuter des combos (enchaînements de différents mouvements de base). En 2008, les adhérents du club qui avaient commencé à pratiquer le footbag se sont résolument tournés vers cette activité, conservant toutefois l'appellation festive initiale (soulignant, très certainement, une connivence avec le Carnaval).
(1) Les bollards sont des blocs cylindriques servant à amarrer les navires. Encore appelés bornes ou bittes d'amarrage.
Footbag net ou Hacky Sack
(Présentation empruntée à l'article publié sur le blog lavieduvolant.org : «Du Bat-Minton au AirBadminton (jeux et sports avec "volants" et "filets"»)
Le Hacky Sack, contraction de «Hackin’ the Sack» : «botter le sac» (le frapper du pied avec une certaine violence), a émergé en Oregon (USA), dans les années 70.
Les matchs de footbag net («net» pour distinguer le jeu au «filet» de sa version freestyle, plutôt urbaine) se jouent sur un terrain de badminton de double (13,4 x 6,10 m que ce soit en simple, en double ou en mixte), avec un filet à la même hauteur qu’en badminton (1,55 m à ses extrémités), mais avec une «balle», un footbag (littéralement un sac à pied). Une balle d’environ 5 cm de diamètre (plus petite qu’une balle de tennis) et d’une soixantaine de grammes, constituée d’un revêtement en cuir, empli de billes en plastique, afin qu’elle ne puisse rebondir au sol.
Excepté lors de la préparation du service (où le serveur tient la balle en main avant de l’engager avec le pied), aucun contact avec toute partie du corps située au dessus du tibia n’est autorisé (pas de genou, de tête, ni de contrôle poitrine, comme autorisé en Footvolley (Futevölei en portuguais) - un mélange de beach volley et de football né en 1965 au Brésil, sur les plages de Rio de Janeiro).
En simple, deux touches consécutives sont autorisées (contrôle – frappe).
En double, si trois touches sont autorisées, les joueurs doivent alterner ces contacts (les joueurs ne peuvent réaliser de doubles touches). Les services s’effectuent dans la diagonale, en alternant les zones de service (tout comme en badminton).
Scoring system : sets en 15 points (avec deux points d’écart) dans les phases de poule, pouvant monter à 21 points à partir des quarts de finales ou des demi-finales (en fonction de la décision prise par le directeur du tournoi). Rencontres jouées en deux sets gagnants, voire en trois sets gagnants dans les phases finales.
Les rencontres de double (donc aussi de mixte) renferment toutefois une particularité, le «side out» : «Le service (mais pas le point) est attribué à l’équipe qui reçoit et qui remporte l’échange» (il faut donc d’abord posséder le service, prendre la «main», pour pouvoir scorer – tout comme il y a quelques années en badminton et en volley-ball, avant que le rallye point system – ou rallye scoring –, ne remplace définitivement le side-out system, chaque échange permettant désormais de marquer un point. Changement définitivement opéré en 2001 en volley-ball et en 2025 en badminton ).
Ajoutons qu’existe une version, pour débutants, appelée «mininet», jouée sur un terrain à la largeur réduite à celle d’un demi-terrain de badminton, avec un filet positionné à 1 m de hauteur, mais aussi une version dite Hackminton, présentée comme «the ultimate barefoot hacky sack game !», où même pour effectuer leur service les joueurs ne peuvent se saisir de la balle à la main. Elle est alors crochetée avec les orteils, lancée en l’air puis frappé du pied («pick, flick, kick», démonstration en cliquant ICI).
41ème Championnat du Monde de Footbag, Cracovie (Pologne), 2022
Ajoutons que le footbag net est à rapprocher d'un sport extrêmement populaire en Asie du Sud-Est et tout aussi bluffant par ses pirouettes aériennes : le Sepak takraw, où les joueurs se disputent avec les pieds, la tête, les genoux, voire les épaules, une balle «tressée» (aujourd'hui en matière plastique creuse), sur un terrain et par-dessus un filet aux dimension identiques à celles du badminton. Très proche dans sa logique sportive du volley-ball, il est aussi parfois appelé Kick volley-ball. Pour en savoir plus sur un sport où il est possible, au filet, de contrer la balle avec son dos, se reporter au passage qui lui est consacré dans : «Du Bat-Minton au AirBadminton (jeux et sports avec "volants" et "filets"» (sur le blog lavieduvolant.org)
Les règles du footbag sont disponibles sur le site footbag.org.
Voir également «Qu’est-ce que le footbag», publié sur le site du club parisien RNH (pour Rien N’est Hacky !), créé en 1999.
À noter qu’un club (aujourd’hui disparu), l’Icarus, avait été constitué à Montpellier au tournant des années 2000, par Miquel Avalon et Nicolas De Zeeuw (un pseudo).
Remerciements
à Boris Belouin-Ollivier (Carnabal, Nantes)
et Audrey Tumelin (Rien N'est Hacky, Paris)
pour la relecture du texte et les précisions apportées.