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#117 – Méfiez-vous du Chat Noir...


    Selon différentes études, chaque année en France, « un chat domestique bien nourri peut capturer en moyenne 30 proies par an, contre 270 pour un chat errant et plus de 1 000 pour un chat haret [un chat redevenu sauvage] ». Si leurs proies sont majoritairement des micromammifères (66%) et accessoirement des reptiles (10%), ce sont quelque 75 millions de rouges-gorges, moineaux et autres piafs qui, après avoir souvent servi de hochet (un coup de patte à droite, un coup de patte à gauche), se font boulotter tout crus, à l’exception de quelques brindilles de plumes (et encore) témoignant du « piaficide » [1].

    Ainsi, les Raminagrobis participent-ils à la raréfaction de la gent ailée, certes largement après les changements dans les pratiques paysannes (la disparition, jugée dramatique, des oiseaux dans nos campagnes étant surtout liée à des politiques agricoles lourdes de conséquences pour la flore et la faune, notamment l’emploie de néonicotinoïdes – mais pas que –, qui en décimant les insectes privent les oiseaux de leur nourriture [2]).

 

Carte postale, JO 2004, Trez


    Or, pour en revenir à notre félin, comme celui-ci est aussi un grand joueur, qui aime bien taquiner ses proies avant de les croquer, une solution avancée par des comportementalistes animaliers, spécialistes de l’éthologie des felis cattus (chats domestiques), est de jouer avec lui. Ce défoulement ludique réduirait d’autant ses élans de prédation, concentrés sur le jouet et plus (ou un peu moins) sur les oisillons. Ne restait plus qu’à expérimenter !

    C’est à une telle tentative que le club de Combourg (en Ille-et-Vilaine), le BCCOM35, semble avoir récemment procédé, invitant des chats noirs (particulièrement voraces) à malmener d’autres birdies (comme nos amis English appellent affectueusement leurs volants). L'expérimentation semble toutefois ne pas avoir été très concluante. L’instinct des insatiables carnassiers a vite repris le dessus sur le ludique. Les délicieux emplumés, rapidement déchiquetés par leurs crocs, furent instantanément recyclés in corpore gattus ! (ce qui reste néanmoins, une intéressante manière de traiter les 8 à 10 millions de volants usagés, soit près de 40 tonnes, qui chaque années en France finissent, peu ou prou, incinérés avec les ordures ménagères) [3].
 

© VictorSport.ru

 

    Bonne nouvelle toutefois pour les amis des passereaux : il semblerait que les matous-badistes aient pris goût aux plumes d’oies (et certains à celles de canard), détournant ainsi leur appétit vers des proies plus aptes à se défendre et difficiles à ingurgiter !

    Seul hic au tableau, si cet essai venait à se généraliser, il risque fort d’impacter violemment la famille des birdies qui volètent de raquettes en raquettes, contribuant à leur raréfaction, aggravant la diminution déjà engagée, causée par la réorientation récente des pays asiatiques, plus particulièrement de la Chine, vers la consommation de viande de porc (produite en quantité et donc moins chère), plutôt que de volaille. D’où une pénurie de plumes, donc des difficultés dans la production de volants et, par ricochet, un bond de leur prix de vente… [4]).
    Car rapidement les mistigris, participant à cette expérience, ne se sont pas contentés de dévorer des déplumés en fin de vie, des patraques battant de l’aile, mais ont pris goût, comme l’affiche semble le souligner, à choper à pleine gueule des birdies dans la force de l’âge, privant ainsi les gourmands de bad de volants encore fort comestibles  !

    Tout « progrès » peut, en effet, se révéler porteur de mauvaises surprises et les promesses, qu’il laissait miroiter, se transformer en d’inattendues et désastreuses conséquences. Aussi faut-il se méfier des « chats noirs », ces messagers du Diable… à moins que vous ne soyez membre d’une secte démoniaque, auquel cas vous en ferez un partenaire sacrificiel idéal sur lequel faire reposer vos (éventuels) échecs ! [5]
 

Carte postale, apparue vers 1905 (dates d'émission du timbre apposé sur celle-ci, 1925-1932 )


Notes

[1]   Cf. Ligue pour la Protection de Oiseaux, « Limiter la prédation des chats », lpo.fr.
[2]   Cf. Julie Lacaze, « Les oiseaux disparaissent de nos campagnes », nationalgeographic.fr.
[3]   Cf. « Badminton : seize plumes, cinq grammes… Le très léger volant pèse lourd dans l’empreinte carbone », 20minutes.fr.
[4]   CF. Justine Saint-Sevin, « Comment l’appétit de la Chine pour le porc vole dans les plumes du badminton français », lequipe.fr, 30 juillet 2025.
[5]   En Europe occidentale, les chats noirs ont été maudits et persécutés durant des siècles, en raison de leur association avec le culte du diable et de la sorcellerie. Quand ils n’étaient pas stigmatisés et suppliciés pour conjurer le mauvais sort, ils étaient sacrifiés par les sectes démoniaques comme offrandes au cours de rituels « sexualo-sataniques »… Cf. l’article « chat », in Roland Villeneuve, Dictionnaire du Diable, Pierre Bordas & Fils, 1989, p. 72. Et sur le net : « Papal Bul(shit) », catworlddomination.com. 19 octobre 2021.

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